Le collier de l’Albatros du Tamari retrouvé !

Le premier courrier des Crozet
mardi 3 février 2015
par  CEPP
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En complément de la publication de l’ouvrage référence « L’Albatros et le Tamaris » [1], Jacques Nougier nous apporte, dans le numéro 76 (décembre 2014) de la revue de l’AMAEPF, de nouveaux éclairages référencés sur cette extraordinaire odyssée. Le fameux message écrit par les naufragés de Tamaris le 4 août 1887 à l’île aux Cochons et récupéré sur un albatros de la plage de Perth a été retrouvé.

C’est Henry Grant, taxidermiste au Museum de Sydney qui, en 1925, faisant l’inspection des collections de l’Australian Museum de Sydney a retrouvé l’albatros empaillé porteur du collier de fer-blanc portant l’inscription des naufragés. Le fonctionnaire précisa que le collier n’était « pas très serré sur le cou, en position basse, les plumes tâchées de rouille. Au-dessus du collier, dans sa gorge, j’ai trouvé un coquillage cassé et un poisson ».

Le collier, présenté ci-dessous, est réalisé à partir d’une boîte de conserve en fer blanc de 56 cm de long sur 5 cm de largeur. La découpe a été grossièrement faite, peut-être avec une lame de tournevis ou de ciseau à bois, tandis que les lettres sont soigneusement dessinées, en majuscules de 1,5 cm de haut et perforées avec un poinçon fin.

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[|Collier de l’albatros de Tamaris.|]
[|On peut partiellement lire le message rédigé sur deux lignes :|]
[|« 13 NAUFRAGES -------- GIEES SUR » et la date « AOUT 1887 ».|]
[|(source State Library of Western Australia)|]

Poursuivant ses investigations, Henry Grant découvre dans le socle du faux rocher ayant servi de support à l’oiseau empaillé, du papier de remplissage issu de journaux de l’époque qui relataient l’aventure que nous connaissons, avec quelques précisions : c’est un jeune employé de V.E. Nesbit domicilié à Hay street à Perth qui découvrit l’oiseau mort sur la plage de North Fremantle. « Il observa qu’il était mort récemment, son corps étant encore chaud ». Découvrant le collier et incapable de le déchiffrer, il le porta à son employeur qui « voyant l’importance du message venu de la mer, le porta au Colonial Secretary espérant que le gouvernement agirait ». Ce dernier câbla immédiatement l’information à Londres qui la bascula sur Paris. Selon le journal Observer, ce serait le directeur du Perth Enquirer qui aurait télégraphié directement au Gouverneur d’Australie méridionale, celui-ci l’aurait alors transmis à l’Amirauté britannique qui l’aurait basculé à son ambassade de Paris…

Les journaux s’interrogeaient déjà à l’époque sur les raisons ayant poussé cet albatros à quitter son nid et voler aussi loin. Une explication est avancée en examinant le repas non avalé de l’oiseau : « le coquillage fut probablement ingurgité à Crozet, près de son nid, mais incapable de l’avaler – en raison du collier l’inconfort de la situation et la douleur le contraignirent à voler jusqu’à atteindre nos rivages. On peut affirmer que si ce collier n’avait pas provoqué l’obstruction, l’oiseau porteur du message aurait volé dans l’Océan austral pendant le prochain demi-siècle, ou plus ».
On aime à le croire. L’histoire reste ouverte…


Article de Jacques Nougier et Xavier Langlet


[1« L’Albatros et le Tamaris », paru en 2013, est le récit authentique du trois mâts-barque « Tamaris », construit en 1869 et affecté à la ligne de Nouvelle-Calédonie. Après avoir quitté Bordeaux, le navire fait naufrage à l’île aux Pingouins à Crozet le 9 mars 1887. Cet ouvrage est disponible aux Editions Airelle (30 avenue Praud 44300 Nantes) ISBN : 979-10-90014-08-4.


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