Vladimir Alexandrovich Rusanov (1875-1913)

L’expédition du {Gerkules}
lundi 8 décembre 2008
par  CEPP
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Vladimir Alexandrovich Rusanov

Géologue et navigateur russe, Rusanov a participé à de nombreuses expéditions arctiques dont celle du Jacques Cartier dirigé par le français Charles Bénard, en Nouvelle-Zemble. Il traverse en bateau le détroit de Matochkine d’Ouest en Est, avec quelques scientifiques français, puis parcourt à pied, le nord de la Nouvelle-Zemble. Cet archipel est constitué principalement de deux grandes îles, séparées par un étroit passage, le détroit de Matochkine qui mesure environ 960 km de long pour une largeur variant entre 50 et 150 km. L’archipel sépare la mer de Barents, à l’ouest, de la mer de Kara, à l’est.

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Rusanov
Entier postal russe (01/08/1975)

En 1910,il repart au nord de la Nouvelle-Zemble avec le navire Dimitri Solunsky et réussit à faire le tour complet de l’île nord en passant par le détroit de Matochkine.

On notera que l’entier russe ci-contre dédié à Rusanov est le premier entier de ce genre parmi les entiers postaux polaires. Il est classé parmi les entiers « avec timbres non standard » car il ne reprend pas le type de timbres d’usage courant.

En 1911, il réussit la circumnavigation de l’île sud de la Nouvelle-Zemble.

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Oblitération premier jour de l’entier postal russe
Archangelsk, le 15/11/1975

L’entier postal russe dédié à Rusanov a fait l’objet d’une oblitération premier jour à Archangelsk, Oral et Moscou.

En 1912, avec sa fiancée Juliette Jean, médecin français, il effectue pour le gouvernement russe une mission de reconnaissance, au Spitsberg, afin de découvrir de nouvelles mines de charbon potentielles, à bord du navire Gerkules, un phoquier de 70 pieds, doté d’un moteur de 24 chevaux. Il atteint Bellsund le 3 juillet, puis Storfjorden, Isfjorden et Advenfjorden. Il localise des gisements de charbon et prépare les revendications de l’URSS sur l’archipel.

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Monument érigé à Petchora, en République de Komi à la mémoire de Rousanov
Entier postal russe (10/11/1976)

Rusanov décide alors d’emprunter la Route Maritime du Nord au lieu de retourner chez lui sans aucune autorisation de son commandement de St-Pétersbourg. Cette route, qui contourne la Nouvelle-Zemble par le nord est selon Rusanov un itinéraire idéal pour rejoindre l’océan Pacifique. Des 14 membres d’équipage, du Gerkules, 3 décident de regagner leur pays depuis le Spitsberg (le géologue, le zoologiste et le maître d’équipage). Les onze autres, dont la fiancée de Rusanov, acceptent de l’accompagner dans cette entreprise.

Le bateau traverse la mer de Barentz, atteint le détroit de Matochkine où Rusanov laisse un message dans laquelle il exposait ses intentions avant de mettre le cap à l’est. Ce télégramme déposé en Nouvelle-Zemble, qui arrive à St-Pétersbourg le 27 septembre 1912, constitue les dernières nouvelles de l’expédition qui disparaît définitivement sans qu’aucune lumière sur son sort ne soit apportée malgré une expédition de secours commandée par Otto Sverdrup à bord du navire Eklips en 1914-1915.

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Pli commémoratif
Cachet rond commémorant le 80eme anniversaire de l’expédition

Il faut attendre 20 ans, pour que le mystère soit partiellement dévoilé. En 1937, une expédition de l’institut arctique d’URSS, à bord du navire Toros, découvre une pièce de bois, vraisemblablement d’étambot, portant le nom du navire et l’année 1913, est trouvée sur l’île Popova-Chukchina au sud est de la mer de Kara près de la péninsule de Taymir. L’année suivante d’autres objets sont retrouvés sur la plage des îles Weisel et Besymjannyj. On suppose que Rusanov avait hiverné à cet endroit de la mer de Kara et que le Gerkules avait été broyé par les glaces.

La découverte en 1947, d’un squelette en Terre du Nord, laisse à penser, mais sans certitude, que le Gerkules a pu atteindre ces îles. Une chose est certaine : celui dont on a trouvé le squelette est le premier à avoir foulé cette partie de l’archipel puisque aucune expédition préalable ne l’avait atteint. Il faut espérer qu’un jour la vérité sera établie et que l’on retrouvera peut être d’autres indices prouvant le passage de l’expédition de Rusanov et de Juliette Jean.

Bibliographie

- Lettre N° 48 de l’AMAPOF
- Dictionnaire des explorateurs des pôles - Michel d’Arcangues - 2002 - Editions Séguier


Auteur de l’article : Serge Delsaux


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